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Les financements affluent de nouveau vers les start-up

En Europe, le total des fonds levés a progressé de 37 % en 2014. Les start-up européennes se montrent conquérantes. La start-up française Blablacar fait partie des sociétés qui ont levé le plus d’argent en 2014 en Europe.

 

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L’embellie se confirme sur le front du financement des start-up, en France,comme partout en Europe. Selon la dernière étude de la société de conseil Clipperton et de Digimind, le total des fonds levés sur le continent a progressé de 37 % en 2014 à 7,8 milliards de dollars. « On est sorti de la période post-crise de 2008 qui, même si elle n’était pas liée, a fortement fait souffrir le secteur, explique Thibaut Revel, associé chez Clipperton France. Il n’y a plus de gros trou dans la chaîne de financement, les modèles des sociétés européennes, assez simples, sont bien compris et permettent de plus en plus de les exporter à l’international, notamment sur les marchés émergents. » L’exemple le plus frappant est celui de Blablacar. La plate-forme française de co-voiturage a levé l’an dernier 100 millions de dollars pour accélérer son internationalisation et notamment se positionner sur le Brésil, la Turquie ou l’Inde. « Rocket Internet, pourtant décrié, a sans doute montré la voie sur les pays émergents et montré que les modèles européens pouvaient être déployés à grande échelle », ajoute Thibaut Revel.

 

Dans la lignée des Spotify, Deezer, Criteo ou Zalando, les « success stories » européennes semblent ainsi se multiplier, comme le montre la croissance des gros tours de table, à plus de 30 millions de dollars : ils étaient 53 l’an dernier sur toute l’Europe (27 au premier semestre, 26 au deuxième) contre 33 en 2013. Les plus grosses levées de fonds ont été réalisées par l’Allemand Delivery Hero, un site de livraison de repas, qui a levé 523 millions de dollars en trois fois l’an dernier, le Néerlandais Adyen (250 millions de dollars) qui édite une solution de paiement en ligne, et le e-commerçant russe Ozon (150 millions de dollars). Les start-up françaises ne sont pas très loin. Outre Blablacar, le e-commerçant Sarenza est parvenu à réunir 98 millions de dollars, et le spécialiste des énergies renouvelables Neoen 53 millions. Et la tendance semble se confirmer sur ce début d’année, comme le prouve la levée de fonds de Sigfox.

 

Le Royaume-Uni devant

 

L’Hexagone demeure toutefois loin du niveau affiché par le Royaume-Uni. Au total, les start-up françaises ont levé l’an dernier 1,2 milliard de dollars, pour 245 opérations (sont exclus de l’étude les levées de fonds de moins de 500.000 dollars et les introductions en Bourse). Leurs homologues britanniques ont réuni quant à elles près de deux fois ce montant, à 2,3 milliards de dollars. « Les sociétés britanniques de logiciels, par exemple, lèvent des fonds facilement car elles ont un accès facilité à tous les marchés anglo-saxons, dont les Etats-Unis, note Thibaut Revel. Londres est aussi une place forte pour toutes les start-up spécialisées dans les services financiers. » C’est ainsi que la plate-forme de financement participatif Funding Circle a levé 65 millions de dollars l’an dernier.

 

La France, malgré une hausse de 14 % au deuxième semestre par rapport aux six mois précédents, est même distancée par l’Allemagne, dont la vitalité des financements est toutefois dopée par la levée de fonds record de Delivery Hero.

 

Enfin, le secteur Internet continue de drainer l’essentiel des investissements : au deuxième semestre 2014, il a concentré 69 % des financements en matière de technologie (contre 23 % pour le cloud et les logiciels et 5 % pour les télécommunications et matériel).